Les caractéristiques de l’école maternelle française — lien étroit avec l’école élémentaire obligatoire et compétence d’un État centralisé fort — ont sans doute favorisé son universalisation rapide après 1945, parachevée dès les années 1980. La France fait alors figure d’exception en Europe, ses voisins britanniques ou allemands, mais aussi nordiques ou méridionaux ignorant la préscolarisation à grande échelle. Mais depuis les années 1980 pour certains pays et de manière plus systématique à partir des années 2000, le taux de couverture de la tranche d’âge préscolaire — par des modes formels d'accueil et d'éducation — augmente partout suite à l’impulsion donnée par l’Union européenne. Un objectif ambitieux de 90 % de couverture pour la tranche des 3-6 ans est ainsi fixé en 2002 au sommet de Barcelone. La stratégie « Europe 2020 » de 2010 hausse à 95 % l’objectif pour les enfants de 4 ans ou plus : en 2015, la moyenne de l’Union européenne frôle cet objectif et 13 pays sur 28, dont la France, l’atteignent ou le dépassent. Si on prend en compte l’amplitude horaire de l’accueil, la France demeure cependant au premier rang, un certain nombre de pays européens n’atteignant l’objectif de taux de couverture qu’avec des horaires d’accueil limités (RoyaumeUni, Pays-Bas, Autriche). Au Royaume-Uni, le système des heures d’éducation gratuite qui a permis l’universalisation de l’accueil à partir de 4 ans a longtemps été restreint à 15 heures par semaine. En Allemagne, la scolarisation à temps plein ne prédomine que depuis peu, avec un fort développement des Ganztagschule.