J'ai déjà fait de nombreuses expériences ahurissantes dans ma vie, mais l'une d'elles me manquait encore : voler sur un avion de chasse. Il faut dire que l'expérience n'est pas donnée, et que j'avais peur d'être déçu. Mais je me suis finalement basé sur les paroles d'un grand philosophe : « mieux vaut avoir des remords que des regrets ; alors essaye » et me suis lancé (j'aimerais dire que je pense à Oscar Wilde en citant cette phrase, mais la vérité est que je cite plutôt Patriiiick). Et vous savez quoi ? Je n'ai aucun remords à avoir ! :) L'aventure a eu lieu à l'aéroclub de Rennes, où je me suis présenté aux alentours de 10 h. Quelques minutes après qu'on m'ait expliqué le fonctionnement de l'appareil ainsi que les diverses procédures de sécurité, j'ai pu enfiler mon uniforme de vol avant de rejoindre le tarmac. C'est là que le Fouga patientait. L'avion revenait tout juste d'un vol. Quand j'ai rejoint l'appareil, j'ai croisé en route le passager précédent. Il souriait, mais il avait l'air un peu hagard. J'ai grimpé dans le cockpit et me suis attaché à mon siège, un peu nerveux. Et après toute une série de contrôles, on est finalement parti. Le vol a commencé doucement, avec un vol de découverte à différentes atlitudes. Mais tout cela n'était qu'une présentation avant la partie la plus attendue. Enfin le pilote m'a informé qu'on allait entamer la voltige aérienne. J'ai dégluti. Evidemment, j'étais là pour ça ; mais ce n'est pas parce qu'on monte fièrement sur le plus haut plongeoir de la piscine qu'on n'éprouve pas un instant d'hésitation, voire de peur panique, quand on se retrouve au-dessus de l'eau et qu'on doit sauter. Heureusement, je n'avais pas à me jeter à l'eau, seulement à me laisser faire et à profiter de l'instant. On a donc commencé par un petit huit brésilien. Sous la pression des G, j'ai subitement pesé plusieurs fois mon poids. J'avais la sensation que mes joues tombaient, comme si quelqu'un tirait dessus. Puis nous sommes sortis du huit et tout est redevenu normal. Le pilote m'a demandé si je voulais continuer, et comme un gosse à qui on demande s'il veut faire un tour de plus en manège, j'ai poussé un « ouiiii » très enthousiaste. Peut-être trop, car le pilote s'est alors mis à enchaîner les figures à toute allure : breaks, looping, passage sur le dos. Je passais en un instant de la sensation d'écrasement des G à celui de quasi-apensateur. Pourtant, et même si je savais que j'aurais dû avoir peur, ce n'était pas le cas : je faisais confiance au pilote (moi qui ne supporte pourtant pas d'être sur le siège passager). Il faut dire qu'une fois là-haut, il devient impossible de maîtriser quoi que ce soit : tout repose entre les mains du pilote. Tout ce qu'il reste à faire, c'est de lâcher prise et de profiter de l'instant. Et pour profiter, on peut dire que j'en ai profité ! Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de cette activité de baptême en L39 Albatros à Paris Pontoise.